La méthode de vendanges par tries successives est mise au point. Dès lors, le domaine développe sa renommée internationale. En 1851, Romain Bertrand de Lur Saluces reprend la direction du domaine. Une simple possession de famille est devenue une véritable vocation. L’histoire de la famille et celle du château ne font plus qu’un. Durant la seconde moitié du XIXème siècle, on se presse des quatre coins de l’Europe pour goûter le célèbre vin. Le Japon découvre ainsi les plaisirs d’Yquem. En 1914, le château est transformé en hôpital militaire. A la fin de la guerre, le marquis Bertrand de Lur Saluces prend la direction du château. Il défend ses valeurs familiales, le caractère et la philosophie d’Yquem. En 1968, à sa mort, son neveu, Alexandre de Lur Saluces reprend le domaine. Yquem subit la crise du négoce et de mauvais millésimes. Le domaine sera sauvé par une gestion rigoureuse et une excellente année 1975. Les millésimes, qui suivront, permettront au domaine de se redresser et de prospérer. Le domaine continue aujourd’hui de véhiculer ses valeurs dans le respect de la tradition, l’ouverture vers le monde et la modernité. Un terroir unique en son genre, des cépages sélectionnés avec soin, des méthodes de vinification ancestrales et un champignon « magique », tels sont les secrets des vignes d’Yquem. La sélection est le maître mot à Yquem… La preuve en est, suite à des conditions climatiques désastreuses, et afin de ne pas sacrifier la qualité, il n’existe pas de millésimes 1910, 1915, 1930, 1951, 1952, 1964, 1972, 1974 et 1992 … … le temps se suspend pour ce vin rare et mystérieux . « L’extravagance du parfait ». A ne pas en douter, la dégustation d’un Yquem est un moment inoubliable. Seul ou avec la fameuse trilogie : foie gras frais, truffes chaudes, Yquem frais, il sera toujours un régal pour les papilles. Personne ne s’y trompe et de très nombreuses célébrités se sont laisser séduire par sa douceur et son élégance. On raconte que le grand duc Boris ne voulant pas se résoudre à laisser sa cave aux soviets, emmena sa collection d’Yquem, quand il quitta la Russie, après la révolution. Niché sur une colline, à la sortie du village de Sauternes, non loin de Bommes, il faut ouvrir attentivement les yeux pour pouvoir reconnaître le célèbre château d’Yquem, dont la localisation reste presque confidentielle. Aucun panneau, aucune indication, juste un château entouré de vignes, avec un des plus faibles rendements au monde (6 hl à l’hectare, pratiquement un verre par pied), voici ce qui fait aussi un mythe de ce vin. Une longueur en bouche hors du commun persiste encore quelques minutes. On garde le souvenir de ce nectar en bouche encore quelques heures après la dégustation et l’on sourit en se remémorant ce moment inoubliable, qui laissera à tout jamais une trace indélébile. Chaque millésime d’Yquem procure cette ravissante béatitude, qui perdure plus ou moins longtemps. Toujours seul et unique premier cru supérieur de Sauternes, il méritera cependant une garde d’au moins 10 ans afin d’être apprécié tel qu’il le doit.